Le Coota - Kerhillio

Bury Lands

Un groupe que l’on peut assimiler au courant «alternative» mais il sera difficile de ne pas percevoir le jazz, le groove, le rock, la musique expérimentale et même «world» comme sources d’inspirations…
Un travail sonore pointilleux où les mélodies de chants se glissent dans de longues plages instrumentales improvisées ou écrites.

Une voix mystérieuse, un timbre singulier avec quelques poussières de Lou Reed, Bowie…

Première rareté : hormis la basse, aucune guitare.
Les parties harmoniques sont assurées par les claviers et les voix.
La tessiture, les thèmes et riffs ne seront pas sans rappeler ceux de Medeski Martin & Wood, excellentissime trio jazz expérimental et source notable d’inspiration, même si Bury-Lands garde une construction plus «pop».

Autre particularité : la batterie.
La configuration, les timbres comme le jeu sont typés «jazz». Avec une petite grosse caisse, des peaux tendues, accordées précisément, tambours et cymbales sont à l’honneur et génèrent une couleur spécifique au son de groupe, une batterie organique.

Une section basse-batterie prenant une place prépondérante pour donner corps au bain de sons analogiques : bienvenue dans l’univers sonore du cas Lansbury !
Sa voix, qu’elle soit très naturelle ou travaillée de réverbes et de sons distordus, n’a plus qu’à s’y poser.

Un bon compositeur ne fait pas pour autant un bon auteur.
Gary Lansbury s’appuie sur son compagnon artistique de longue date, Cyrille Guichard. Lui sait trouver le mot anglais, donner sens à la musique tout en «restant musique». Alain Bashung approuverait la démarche s’il était encore de ce monde…

D’autres références peuvent venir à l’esprit :
Chlorine Free, Patrick Watson, General Elektricks, Julian Casablancas, John Zorn, Cinematic Orquestra pour la construction souvent étonnante des morceaux, ou encore The Doors, certains y voient enfin un héritage de l’école Canterbury.
On pourrait tout aussi bien citer David Lynch tant les compositions peuvent nous plonger dans un monde cinématographique.
Bury-Lands est donc assez sombre, onirique, parfois «fun» sans cacher un malin cynisme, parfois simplement plus léger voire futile comme dans un vrai groupe de rock !

Il y a comme l’urgence solennelle d’un cri,
au milieu de l’absurde et vaine course urbaine.
Il y a comme quelque chose qui nous rattrape, quoi qu’on veuille, quelque chose d’universel que la course veut nous faire oublier. Il y a la beauté et la poésie d’une fine architecture.

Temps passés, temps futurs, sons vintages, sons modernes,
tout se mêle et nous voilà perdus, telle une Betty Elms dans Mulholland Drive…