Le Coota - Kerhillio

Fonky Nyko

La street credibility, ce label tant convoité par les artistes en manque de crédit, Funky Nyko l’a toujours eu. Pour ainsi dire, il est même né avec.
Les artères de la ville, les trottoirs et les places, c’est dans ce local de répétition à ciel ouvert, sur cette scène jamais fermée, que Fonky Nyko a affûté ses compositions et travaillé ses mélodies. C’est là qu’il a élaboré puis testé ses chansons, les offrant directement au public depuis leur lieu de production.
Car, de la rue, on entend tout. On absorbe tout. Les notes de funk qui pleuvent depuis les étages, les riffs de blues qui s’échappent des balcons, les solos rock qui tambourinent depuis les portes des caves, les basses reggae qui fendillent le bitume à force de vibrations.
La basse, justement. Imagine t-on délivrer la bonne parole funk sans cet instrument phare ? Des puristes pourraient entrer en guerre ouverte pour moins que ça…
Pourtant, aussi insensée que puisse paraître l’idée, c’est bien sans le manche à quatre cordes que Fonky Nyko chauffe sa potion qu’il a lui même étiqueté “garage funk”, laissant à l’hélicon la charge des fréquences ronflantes. Perforé par les attaques du sax baryton et griffé par les coups guitare, c’est là Fonky Nyko en version acoustique. Cette configuration dans laquelle le groupe s’est rendu coupable de fontes de bitume lors des concerts urbain, seul ou dans le cadre des Buskers festivals qui transforment la rue en terrain de jeu pour musiciens.
Mais, il ne s’agit là que de la face A de Fonky Nyko. La face B, inspirée par le son des disques 70’s, ne se joue, elle, que sur scène. Les choses tournent alors à l’enfer rythmique, à l’étau funky alimenté en continu par l’électricité qui circule dans les instruments. Ces ondes qui irradient les six cordes jusqu’à l’incandescence, qui s’invitent dans le saxo par le biais de pédales d’effets et poussent les amplis dans la zone de surchauffe. L’énergie du groupe est alors démultipliée, métamorphosant le répertoire dans des versions inédites où les soli jaillissent et où le souffle des cuivres pyrogravent les planches.
Actionné par le chant soul ou rugueux de Nyko et calé sur un groove qui cogne le premier temps ; infiltré par l’afrobeat de Lagos et connecté à la rudesse du Delta, le garage funk de Fonky Nyko a déjà été canalisé et gravé par deux fois. Une première sous forme d’EP quatre titres, puis une seconde en format LP nommé Lifestyle, toujours dans des conditions live pour garder ce son proche de l’os. En 2017, il s’apprête à se déverser à nouveau dans les sillons…
Fonky Nyko. Funky Nitro.