Le Coota

Tita Nzebi

Avec Tita Nzebi, impossible d’appliquer le moule de l’artiste du continent africain. Longtemps, la jeune femme n’a guère prêté attention à tout ce qui était musical.
Dans son village, au Gabon, les disques appartenaient à cette catégorie d’objets rares et, dans sa famille, priorité était donnée aux études. C’est donc à vingt ans passés, au milieu des années
1990, qu’elle prend soudain «conscience de la beauté des musiques traditionnelles noires». Et débute son apprentissage.
Métiani, son premier album, porte en filigrane les marques de ce parcours: un chemin qu’elle explore à sa façon, avec «une culture musicale assez restreinte», des envies qu’elle cherche à traduire, ce qui confère au disque une forme de fraîcheur et d’innocence palpable tout au long des quatorze morceaux.

Son dernier titre ‘Dictature inavouée’ se veut engagé au décours d’un simulacre d’élection présidentielle dans son pays d’origine, faut-il s’en étonner, tant le texte, l’interprétation sont pleins de colère, de révolte.Une interprétation qui exprime le désir de dignité, de respect. Ce n’est donc pas de la musique ‘commerciale’, c’est de la musique à aimer, que l’on ressent au plus profond de nous-mêmes. On peut ne pas y être sensible, cela dépend de nos goûts, mais on ne peut nier le travail de création intense, la recherche, parfois précipité par l’actualité.